<br>SAISON ICI L’ONDE<br> <br> PROJECTION-DISCUSSION <br/>Jeudi 16 décembre ● 19h00 <br/><em>No Land’s Song</em>, Ayat Najafi <br/>+<br/>Ariane Zevaco, anthropologue

PROJECTION-DISCUSSION
Musique et anthropologie

Jeudi 16 décembre, 19h00

Cinéma Eldorado
21, rue Alfred de Musset, Dijon
cinemaeldorado.wordpress.com

Événement réalisé dans le respect des conditions sanitaires en vigueur.

Ariane Zevaco
Ariane Zevaco est anthropologue et travaille depuis plus de quinze ans à la compréhension des sociétés des mondes persans et d’Asie centrale, à travers les créations musicales et artistiques qui y sont menées. Depuis plusieurs années, elle s’intéresse également au cinéma documentaire produit sur ces régions, localement ou en Europe. Elle est également programmatrice musicale et médiatrice culturelle, en utilisant le cinéma et la musique pour promouvoir les relations entre sociétés et cultures.

Autour du film No Land’s Song, les questionnements pourront aborder tout d’abord comment s’organisent aujourd’hui les productions musicales « interculturelles » et comment il est possible, d’un pays à l’autre, d’entendre et de comprendre les musiques d’autres cultures. Par ailleurs, le film interroge le rapport des artistes et du public à son histoire et à sa mémoire : comment une création musicale peut-elle faire vivre ou revivre un idéal, et participer à l’écriture d’un futur artistique ? De l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient, au-delà des a priori et des images d’Epinal, une histoire commune de relations de pouvoir et de créations artistiques est mise en jeu, et défiée par une œuvre originale où les artistes concourent à créer de nouvelles dynamiques d’échanges et de création musicale.

No Land’s Song, Ayat Najafi, 2014
Selon les mollahs iraniens, la voix féminine est source de péché car elle est susceptible, selon la loi islamique, de donner du plaisir aux hommes. Il est donc interdit pour les femmes de chanter en solo en public, sauf si ce dernier est exclusivement féminin. Les autorités tolèrent que les femmes chantent en public à condition qu’elles aient un rôle musical secondaire et qu’elles soient impérativement accompagnées de plusieurs hommes qui couvrent nettement leurs voix. En revanche, elles sont autorisées à chanter dans la sphère privée. La jeune compositrice iranienne Sara Najafi, féministe active et sœur du réalisateur a cependant un projet fou à Téhéran : organiser, peu avant les élections présidentielles iraniennes de 2013, un concert de chant au cours duquel des femmes chanteront en solo sur scène devant un public mixte, afin de renouer avec une tradition de chansons persanes qui existait et avait beaucoup de succès avant l’arrivée de l’Ayatollah Khomeini et la révolution islamique d’Iran en 1979. Pour mener à bien son projet, Sara Najafi décide de tisser des liens avec les chanteuses françaises Jeanne Cherhal et Élise Caron, ainsi que la chanteuse tunisienne Emel Mathlouthi, militante lors de la révolution tunisienne de 2011, au titre des échanges culturels internationaux. 


Production
Why Note
Cinéma Eldorado